Cours 1ère Bac SM

Arithmétique SM

7 min de lecture · Arithmétique dans ℕ
Table des matières
  1. Divisibilité dans \(\mathbb{Z}\)
    1. Définition
    2. Propriétés
  2. Division euclidienne
  3. PGCD et algorithme d’Euclide
    1. PGCD
    2. Algorithme d’Euclide
    3. Identité de Bézout
    4. Nombres premiers entre eux
    5. PPCM
  4. Congruences
    1. Définition
    2. Propriétés
    3. Applications aux congruences
    4. Critères de divisibilité
  5. Synthèse
    1. Récapitulatif
    2. Pièges classiques

Arithmétique dans \(\mathbb{N}\)
1ère Année Baccalauréat – Sciences Mathématiques

Divisibilité dans \(\mathbb{Z}\)

Définition

Définition

Soient \(a, b \in \mathbb{Z}\). On dit que \(a\) divise \(b\) (ou \(b\) est multiple de \(a\)), et on note \(a \mid b\), s’il existe \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(b = k a\).

Exemples : \(3 \mid 12\) (\(12 = 4 \cdot 3\)), \(-5 \mid 20\), \(0 \mid 0\), \(1 \mid n\) pour tout \(n\).

Propriétés

Proposition

Pour tous \(a, b, c \in \mathbb{Z}\) :

(a) Réflexivité : \(a \mid a\).

(b) Transitivité : \(a \mid b\) et \(b \mid c \Rightarrow a \mid c\).

(c) Antisymétrie : \(a \mid b\) et \(b \mid a \Rightarrow a = \pm b\).

(d) Linéarité : si \(a \mid b\) et \(a \mid c\), alors \(a \mid (\alpha b + \beta c)\) pour tous \(\alpha, \beta \in \mathbb{Z}\).

(e) \(a \mid b\) et \(b \neq 0 \Rightarrow |a| \leq |b|\).

(f) \(a \mid b \Rightarrow a \mid b^n\) pour tout \(n \in \mathbb{N}^*\).

Démonstration

(d) Linéarité. Si \(b = a k_1\) et \(c = a k_2\), alors \(\alpha b + \beta c = a(\alpha k_1 + \beta k_2)\), qui est multiple de \(a\). \(\square\)

Division euclidienne

Théorème

(Division euclidienne) Pour tous \(a \in \mathbb{Z}\) et \(b \in \mathbb{N}^*\), il existe un unique couple \((q, r) \in \mathbb{Z} \times \mathbb{N}\) tel que :
\[a = b q + r \quad \text{avec} \quad 0 \leq r < b.\]
\(q\) est le quotient et \(r\) le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\).

Remarque

\(a\) est divisible par \(b\) ssi \(r = 0\).

Exemple

Division euclidienne de \(73\) par \(11\) : \(73 = 11 \cdot 6 + 7\), donc \(q = 6\), \(r = 7\).

Division euclidienne de \(-73\) par \(11\) : \(-73 = 11 \cdot (-7) + 4\), donc \(q = -7\), \(r = 4\) (et non \(-6\) et \(-7\)).

PGCD et algorithme d’Euclide

PGCD

Définition

Soient \(a, b \in \mathbb{Z}\) non tous deux nuls. Le plus grand commun diviseur de \(a\) et \(b\), noté \(\mathrm{pgcd}(a, b)\) ou \(a \wedge b\), est le plus grand entier strictement positif qui divise à la fois \(a\) et \(b\).

Par convention, \(\mathrm{pgcd}(0, 0)\) n’est pas défini ; \(\mathrm{pgcd}(a, 0) = |a|\) pour \(a \neq 0\).

Proposition

\[\mathrm{pgcd}(a, b) = \mathrm{pgcd}(b, a) \quad ; \quad \mathrm{pgcd}(a, b) = \mathrm{pgcd}(|a|, |b|).\]

Algorithme d’Euclide

Théorème

(Lemme d’Euclide) Pour \(a \in \mathbb{Z}\) et \(b \in \mathbb{N}^*\), si \(a = b q + r\) (avec \(0 \leq r < b\)), alors :
\[\mathrm{pgcd}(a, b) = \mathrm{pgcd}(b, r).\]

Démonstration

Tout diviseur commun de \(a\) et \(b\) divise \(r = a - bq\) (linéarité), donc est diviseur commun de \(b\) et \(r\). Inversement, tout diviseur commun de \(b\) et \(r\) divise \(a = bq + r\), donc est diviseur commun de \(a\) et \(b\). Les ensembles de diviseurs communs coïncident, leurs plus grands éléments aussi. \(\square\)

Méthode

Algorithme d’Euclide pour calculer \(\mathrm{pgcd}(a, b)\) :

  1. Effectuer la division euclidienne : \(a = b q_1 + r_1\) avec \(0 \leq r_1 < b\).

  2. Si \(r_1 = 0\), \(\mathrm{pgcd} = b\).

  3. Sinon, \(\mathrm{pgcd}(a, b) = \mathrm{pgcd}(b, r_1)\) : on recommence avec \(b\) et \(r_1\).

La suite des restes est strictement décroissante et finit toujours par atteindre \(0\). Le dernier reste non nul est le PGCD.

Exemple

Calculer \(\mathrm{pgcd}(252, 198)\).

Identité de Bézout

Théorème

(Bézout) Pour \(a, b \in \mathbb{Z}\) non tous deux nuls, il existe \(u, v \in \mathbb{Z}\) tels que :
\[a u + b v = \mathrm{pgcd}(a, b).\]
On les trouve par l’algorithme d’Euclide étendu (on remonte les calculs).

Exemple

Trouver \(u, v\) tels que \(252 u + 198 v = 18\).

Nombres premiers entre eux

Définition

On dit que \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux si \(\mathrm{pgcd}(a, b) = 1\).

Théorème

(Théorème de Bézout) \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux ssi il existe \(u, v \in \mathbb{Z}\) tels que \(a u + b v = 1\).

Théorème

(Lemme de Gauss) Si \(a \mid b c\) et \(\mathrm{pgcd}(a, b) = 1\), alors \(a \mid c\).

Démonstration

Par Bézout, \(a u + b v = 1\) pour certains \(u, v\). Multiplions par \(c\) : \(a u c + b c v = c\). Comme \(a \mid a u c\) et \(a \mid b c\), on a \(a \mid (a u c + b c v) = c\). \(\square\)

PPCM

Définition

Le plus petit commun multiple de \(a, b \in \mathbb{Z}^*\), noté \(\mathrm{ppcm}(a, b)\) ou \(a \vee b\), est le plus petit entier strictement positif qui est multiple à la fois de \(a\) et \(b\).

Proposition

Pour \(a, b \in \mathbb{N}^*\) :
\[\mathrm{pgcd}(a, b) \cdot \mathrm{ppcm}(a, b) = a b.\]

Congruences

Définition

Définition

Soient \(a, b \in \mathbb{Z}\) et \(n \in \mathbb{N}^*\). On dit que \(a\) est congru à \(b\) modulo \(n\), et on note \(a \equiv b \pmod{n}\), si \(n \mid (a - b)\).

De manière équivalente : \(a\) et \(b\) ont le même reste dans la division euclidienne par \(n\).

Exemple

\(17 \equiv 5 \pmod{12}\) (car \(17 - 5 = 12\)).

\(-7 \equiv 3 \pmod{5}\) (car \(-7 - 3 = -10\)).

Tout entier est congru à un unique reste modulo \(n\), élément de \(\{0, 1, \ldots, n-1\}\).

Propriétés

Proposition

(Relation d’équivalence) Pour tous \(a, b, c \in \mathbb{Z}\) et \(n \in \mathbb{N}^*\) :

(a) Réflexivité : \(a \equiv a \pmod{n}\).

(b) Symétrie : \(a \equiv b \pmod{n} \Rightarrow b \equiv a \pmod{n}\).

(c) Transitivité : \(a \equiv b \pmod{n}\) et \(b \equiv c \pmod{n} \Rightarrow a \equiv c \pmod{n}\).

Théorème

(Règles de calcul) Si \(a \equiv a' \pmod{n}\) et \(b \equiv b' \pmod{n}\), alors :
\[a + b \equiv a' + b' \pmod{n} \quad ; \quad a b \equiv a' b' \pmod{n} \quad ; \quad a^k \equiv (a')^k \pmod{n} \;\, (k \in \mathbb{N}).\]

Remarque

Attention : la simplification par un diviseur commun n’est pas toujours valide. On peut diviser par \(c\) ssi \(\mathrm{pgcd}(c, n) = 1\).

Ex : \(4 \equiv 10 \pmod{6}\) mais on ne peut pas simplifier par \(2\) (\(\mathrm{pgcd}(2, 6) = 2 \neq 1\)) : on aurait \(2 \equiv 5 \pmod{6}\), ce qui est faux.

Applications aux congruences

Exemple

Montrer que pour tout \(n \in \mathbb{N}\), \(7^n - 1\) est divisible par \(6\).

Exemple

Déterminer le reste de la division de \(3^{100}\) par \(7\).

Critères de divisibilité

Proposition

Soit \(n = \overline{a_k a_{k-1} \cdots a_1 a_0}\) l’écriture en base \(10\) d’un entier.

\(\bullet\)\(n\) divisible par \(2 \;\Leftrightarrow\; a_0 \in \{0, 2, 4, 6, 8\}\).

\(\bullet\)\(n\) divisible par \(5 \;\Leftrightarrow\; a_0 \in \{0, 5\}\).

\(\bullet\)\(n\) divisible par \(3 \;\Leftrightarrow\; a_0 + a_1 + \cdots + a_k\) divisible par \(3\).

\(\bullet\)\(n\) divisible par \(9 \;\Leftrightarrow\; a_0 + a_1 + \cdots + a_k\) divisible par \(9\).

\(\bullet\)\(n\) divisible par \(11 \;\Leftrightarrow\; a_0 - a_1 + a_2 - \cdots\) divisible par \(11\).

Synthèse

Récapitulatif

Notion Caractérisation
\(a \mid b\) \(\exists k \in \mathbb{Z},\, b = k a\)
Division euclidienne \(a = bq + r\), \(0 \leq r < b\) (unique)
PGCD plus grand diviseur commun, calculé par Euclide
Bézout \(a u + b v = \mathrm{pgcd}(a, b)\) pour certains \(u, v \in \mathbb{Z}\)
Premiers entre eux \(\mathrm{pgcd}(a, b) = 1 \,\Leftrightarrow\, \exists u, v,\, a u + b v = 1\)
Gauss \(a \mid bc\) et \(\mathrm{pgcd}(a, b) = 1 \Rightarrow a \mid c\)
PPCM \(\mathrm{ppcm}(a,b) \cdot \mathrm{pgcd}(a,b) = a b\) (pour \(a, b > 0\))
Congruence \(a \equiv b \pmod n \,\Leftrightarrow\, n \mid (a - b)\)

Pièges classiques

Remarque
  1. Division euclidienne avec \(a < 0\). Le reste est toujours \(\geq 0\).

  2. Simplification dans une congruence. On ne peut diviser par \(c\) que si \(\mathrm{pgcd}(c, n) = 1\).

  3. \(\mathrm{pgcd}(a, 0) = |a|\). Cas particulier souvent oublié.

  4. Bézout fonctionne seulement avec le PGCD. L’équation \(a u + b v = c\) a des solutions ssi \(\mathrm{pgcd}(a, b) \mid c\).

  5. Critère de divisibilité par 11. Alternance des signes.


Fin du chapitre 4 – Arithmétique dans \(\mathbb{N}\)