Cours 1ère Bac S EXP

Notions de logique

12 min de lecture · Notions de logique
Table des matières
  1. Propositions et connecteurs logiques
    1. Propositions
    2. Les connecteurs logiques
  2. Les quantificateurs
    1. Fonction propositionnelle
    2. Quantificateurs et négation
  3. Lois logiques et méthodes de raisonnement
    1. Raisonnement par déduction
    2. Raisonnement par contraposée
    3. Raisonnement par équivalence
    4. Raisonnement par disjonction des cas
    5. Raisonnement par l’absurde
    6. Raisonnement par contre-exemple
    7. Raisonnement par récurrence

Propositions et connecteurs logiques

Propositions

Définition
  • Tout énoncé mathématique qui a un sens et qui est soit vrai, soit faux, est une proposition (ou assertion). Une proposition est notée généralement \(p\), \(q\), \(r\), \(\dots\)

  • On désigne par \(1\) ou \(\mathrm{V}\) la valeur de vérité d’une proposition vraie, et par \(0\) ou \(\mathrm{F}\) celle d’une proposition fausse.

  • Une proposition est soit vraie, soit fausse, et ne peut être à la fois vraie et fausse.

  • Une table de vérité est un tableau qui donne la valeur de vérité d’une proposition \(p\) construite à partir d’autres propositions \(q, r, \dots\), en fonction des valeurs de vérité de ces dernières.

Exemple

Pour chacune des phrases suivantes :

  1. Dire si c’est une proposition. Justifier.

  2. Si c’est une proposition, donner sa valeur de vérité.

  • \(\sqrt{16}+\sqrt{9}=7\).

  • Quelle est la solution de \(x^{2}=4\) ?

  • \(\sqrt{2}+\sqrt{6}\leq \sqrt{8}\).

  • Ferme la porte !

  • \(\cos\!\left(\dfrac{\pi}{6}\right)=\dfrac{\sqrt{3}}{2}\).

  • \(\sqrt{3}-\sqrt{2}=1\).

Application

On considère les propositions suivantes :

  • \(p\) : \(\sqrt{2}\in\mathbb{N}\).

  • \(q\) : \(7\) est un nombre premier.

  • \(r\) : \(114\,516\) est un multiple de \(3\).

  1. Donner la valeur de vérité de \(p\), \(q\) et \(r\).

  2. Construire la table de vérité associée au triplet \((p, q, r)\). Combien de combinaisons obtient-on ?

Les connecteurs logiques

Proposition

Soient \(p\) et \(q\) deux propositions. On définit cinq connecteurs logiques :

  • Négation : la proposition « non \(p\) », notée \(\overline{p}\) (ou \(\neg p\)), est vraie si \(p\) est fausse, et fausse si \(p\) est vraie.

  • Conjonction : la proposition « \(p\) et \(q\) », notée \(p\wedge q\), est vraie si \(p\) et \(q\) sont toutes les deux vraies, et fausse sinon.

  • Disjonction : la proposition « \(p\) ou \(q\) », notée \(p\vee q\), est vraie si au moins l’une des deux propositions est vraie, et fausse sinon.

  • Implication : la proposition « \(p\Rightarrow q\) », qui se lit « \(p\) implique \(q\) » ou « si \(p\) alors \(q\) », n’est fausse que lorsque \(p\) est vraie et \(q\) est fausse. La proposition \(q\Rightarrow p\) s’appelle l’implication réciproque de \(p\Rightarrow q\).

  • Équivalence : la proposition « \(p\Leftrightarrow q\) », qui se lit « \(p\) équivaut à \(q\) » ou « \(p\) si et seulement si \(q\) », est vraie lorsque \(p\) et \(q\) ont la même valeur de vérité (toutes deux vraies, ou toutes deux fausses).

Tables de vérité.

\(p\) \(q\) \(\overline{p}\) \(p\wedge q\) \(p\vee q\) \(p\Rightarrow q\) \(p\Leftrightarrow q\)
V V F V V V V
V F F F V F F
F V V F V V F
F F V F F V V
Exemple

Donner la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes.

  • \(36\) est pair et multiple de \(3\).

  • \(69\) est impair ou multiple de \(3\).

  • \(\sqrt{2}\in\mathbb{Q} \Rightarrow \pi^{2}<10\).

  • \(\sqrt{100}=10 \Leftrightarrow x^{2}-8x+15=0\) admet \(5\) comme unique solution.

  • \(0\) est impair ou \(\sqrt{25+16}=5+4\).

  • \(5+5=11 \Leftrightarrow 3<2\).

Application
  1. Soient \(p\) et \(q\) deux propositions. À l’aide d’une table de vérité, montrer que :
    \[(p\Rightarrow q) \Leftrightarrow (\overline{p}\vee q).\]

  2. En déduire la valeur de vérité de la proposition :
    \[(\sqrt{2}\in\mathbb{Z}) \Rightarrow (\sqrt{2}>1).\]

Proposition

Soient \(p\) et \(q\) deux propositions.

  • \(\overline{p\wedge q} \Leftrightarrow (\overline{p}\vee \overline{q})\).

  • \(\overline{p\vee q} \Leftrightarrow (\overline{p}\wedge \overline{q})\).

  • \((p\Leftrightarrow q) \Leftrightarrow \big[(p\Rightarrow q)\wedge (q\Rightarrow p)\big]\).

  • \((p\wedge \overline{p})\) est toujours fausse ; \((p\vee \overline{p})\) est toujours vraie.

Exercice
  1. Démontrer la première loi de De Morgan à l’aide d’une table de vérité.

  2. Soient \(a, b\in\mathbb{R}\) et \(m, n\in\mathbb{N}\). Donner la négation de chacune des propositions :

    • \(u\) : « \(a^{2}+b^{2}=(a+b)^{2}-2ab\) et \((a+b)^{2}-2ab=\dfrac{(a+b)^{2}+(a-b)^{2}}{2}\)  ».

    • \(v\) : « \(mn=m+n\) ou \(mn>m+n\)  ».

Les quantificateurs

Fonction propositionnelle

Définition

On appelle fonction propositionnelle sur un ensemble \(E\) tout énoncé mathématique contenant une ou plusieurs variables appartenant à \(E\) et qui devient une proposition à chaque fois qu’on remplace la (ou les) variable(s) par un (ou des) élément(s) de \(E\). On la note généralement \(A(x)\), \(A(x,y)\), \(\dots\)

Exemple

On considère les fonctions propositionnelles suivantes :

  • \(A(x) : x^{2}\geq x\)\(x\in\mathbb{R}\) ;

  • \(B(n) : n^{2}+n+1\) est premier, où \(n\in\mathbb{N}\) ;

  • \(C(x,y) : x+y=xy\)\((x,y)\in\mathbb{R}^{2}\).

  1. Donner la valeur de vérité de \(A(2)\) et de \(A\!\left(\dfrac{1}{2}\right)\).

  2. Donner la valeur de vérité de \(B(0)\), \(B(1)\), \(B(4)\).

  3. Trouver un couple \((x,y)\in\mathbb{R}^{2}\) tel que \(C(x,y)\) soit vraie, et un couple tel qu’elle soit fausse.

Application

Soit \(A(x) : \dfrac{x-1}{2}=\dfrac{x+1}{3}\)\(x\in\mathbb{R}\).

  1. Existe-t-il une valeur de \(x\) pour laquelle \(A(x)\) est vraie ? Si oui, la déterminer.

  2. Combien de telles valeurs existe-t-il ?

Quantificateurs et négation

Soit \(A(x)\) une fonction propositionnelle définie sur un ensemble \(E\). On pose : \(A=\{x\in E\,/\, A(x) \text{ est vraie}\}\).

Proposition
  • Quantificateur universel. Si \(A=E\), on dit que tous les éléments de \(E\) vérifient \(A(x)\) et l’on écrit :
    \[(\forall x\in E),\ A(x).\]
    Le symbole \(\forall\) se lit « pour tout » ou « quel que soit ».

  • Quantificateur existentiel. Si \(A\neq \emptyset\), on dit qu’il existe au moins un élément de \(E\) vérifiant \(A(x)\) et l’on écrit :
    \[(\exists x\in E),\ A(x).\]
    Le symbole \(\exists\) se lit « il existe (au moins) ». Le symbole \(\exists !\) se lit « il existe un unique ».

  • Négation. On a les deux règles fondamentales suivantes :
    \[\overline{(\forall x\in E,\ A(x))} \Leftrightarrow (\exists x\in E,\ \overline{A(x)}) \qquad \text{et} \qquad \overline{(\exists x\in E,\ A(x))} \Leftrightarrow (\forall x\in E,\ \overline{A(x)}).\]

  • Permutation. On peut permuter deux quantificateurs de même nature (\(\forall \forall\) ou \(\exists \exists\)). En revanche, \((\forall y)(\exists x)\,p(x,y)\) et \((\exists x)(\forall y)\,p(x,y)\) ne sont pas équivalentes : dans la première, \(x\) peut dépendre de \(y\) ; dans la seconde, \(x\) est fixé indépendamment de \(y\).

Exemple

Pour chacune des propositions suivantes :

  1. donner sa valeur de vérité ;

  2. écrire sa négation.

  • \((\forall x\in\mathbb{R}),\ x^{2}\geq 1\).

  • \((\forall n\in\mathbb{N}),\ n(n+1)\) est divisible par \(2\).

  • \((\exists x\in\mathbb{R}),\ x^{2}+1=0\).

  • \((\exists !\, x\in\mathbb{R}),\ x^{2}-6x+9=0\).

  • \((\forall x\in\mathbb{R})(\exists y\in\mathbb{R}),\ y<-x\).

  • \((\exists x\in\mathbb{R})(\forall y\in\mathbb{R}),\ y<-x\).

Application
  1. Écrire à l’aide des quantificateurs :

    • Pour tout entier naturel \(n\), il existe un entier naturel \(k\) tel que \(n\leq k\).

    • Le carré de tout réel est positif.

    • \(f\) est une fonction numérique définie sur \(\mathbb{R}\) et constante.

  2. Donner la négation de :

    • \((\forall x\in\mathbb{R}),\ x\geq 2 \Rightarrow x^{2}\geq 4\).

    • \((\forall a, b\in\mathbb{R}),\ (a^{2}+b^{2}\geq ab \text{ ou } a^{2}+1\neq a)\).

Exercice

Montrer que :
\[(\forall x\in\mathbb{R})(\exists y\in\,]-\infty;1[),\ 3x^{2}y - x + y = 0.\]

Lois logiques et méthodes de raisonnement

Définition

Une loi logique est une proposition construite à partir d’autres propositions liées par des connecteurs et qui est vraie indépendamment des valeurs de vérité de ses composantes.

Remarque

Schéma récapitulatif des méthodes de raisonnement. Pour démontrer une proposition mathématique, on dispose des techniques suivantes :

Raisonnement par déduction

Proposition

Le raisonnement par déduction consiste à appliquer la loi logique du modus ponens :
\[\big( p \wedge (p\Rightarrow q) \big) \Rightarrow q.\]
En d’autres termes, si \(p\) est vraie et si l’implication \(p\Rightarrow q\) est vraie, alors \(q\) est vraie.

Exemple

Démontrer par déduction les implications suivantes :

  1. \(\forall x, y\in\mathbb{R},\ (0<x<2 \text{ et } 0<y<2) \Rightarrow \dfrac{1}{x}+\dfrac{1}{y}>1\).

  2. \(\forall x\in\mathbb{R}^{+},\ \dfrac{1}{1+\sqrt{x}}=1-\sqrt{x} \Rightarrow x=0\).

Application

Montrer que pour tous réels \(a\) et \(b\) :
\[a^{2}+b^{2}=1 \Rightarrow |a+b|\leq \sqrt{2}.\]
(Indication : remarquer que \((a+b)^{2}\leq 2(a^{2}+b^{2})\).)

Exercice
  1. Montrer que \(\forall (a, b)\in\mathbb{R}^{2},\ a^{2}+b^{2}=0 \Rightarrow a=b=0\).

  2. Soient \(x, y\in\mathbb{R}^{+}\). Montrer que \(x+y+2=2\sqrt{x}+2\sqrt{y} \Rightarrow x=y=1\).

Raisonnement par contraposée

Proposition

L’implication \(\overline{q}\Rightarrow \overline{p}\) s’appelle la contraposée de l’implication \(p\Rightarrow q\), et l’on a :
\[(p\Rightarrow q) \Leftrightarrow (\overline{q}\Rightarrow \overline{p}).\]
Pour démontrer \(p\Rightarrow q\), il suffit donc de démontrer sa contraposée \(\overline{q}\Rightarrow \overline{p}\).

Exemple

Démontrer en utilisant la contraposée :

  1. \(\forall x\in\mathbb{R}^{+},\ x\neq 4 \Rightarrow \sqrt{x}-1\neq \dfrac{x}{4}\).

  2. \(\forall n\in\mathbb{N},\ n^{2}\text{ pair} \Rightarrow n\text{ pair}\).

Application

Soient \(x, y\in\mathbb{R}\). Montrer par contraposée que :
\[(x+1)(y-1)\neq (x-1)(y+1) \;\Longrightarrow\; x\neq y.\]

Exercice
  1. Montrer que pour tout \(n\in\mathbb{N}\) : \(n^{2}\) est divisible par \(5 \Rightarrow n\) est divisible par \(5\).

  2. Soit \(x, y\in\mathbb{R}\). Montrer que :
    \[xy\neq 1 \text{ et } x\neq y \Rightarrow \dfrac{x}{x^{2}+x+1}\neq\dfrac{y}{y^{2}+y+1}.\]

Raisonnement par équivalence

Proposition

Pour montrer qu’une équivalence \(p\Leftrightarrow q\) est vraie, on peut :

  • soit établir une chaîne d’équivalences \(p\Leftrightarrow \cdots \Leftrightarrow q\) à l’aide de propriétés et d’opérations mathématiques ;

  • soit montrer que les deux implications \(p\Rightarrow q\) et \(q\Rightarrow p\) sont toutes les deux vraies.

Exemple

Démontrer les équivalences suivantes :

  1. \(\forall x\in\mathbb{R},\ |x-1|<\dfrac{1}{2} \Leftrightarrow \dfrac{2}{5}<\dfrac{1}{x+1}<\dfrac{2}{3}\).

  2. \(\forall (a, b)\in\mathbb{R}^{2},\ (a+b)^{2}=a^{2}+b^{2} \Leftrightarrow ab=0\).

Application

Soient \(a, b\in\mathbb{R}^{+}\). Montrer que :
\[a+b=0 \Leftrightarrow a=b=0.\]

Exercice
  1. Montrer que \(\forall x\in[1;+\infty[,\ \dfrac{\sqrt{x-1}}{x}\leq \dfrac{1}{2}\).

  2. Montrer que \(\forall x, y\in\mathbb{R},\ |x|+|y|=|x+y| \Leftrightarrow xy\geq 0\).

Raisonnement par disjonction des cas

Proposition

Pour montrer qu’une proposition du type \(\forall x\in E,\ p(x)\) est vraie, il suffit de partitionner \(E\) en plusieurs sous-ensembles et de montrer que \(p(x)\) est vraie sur chacun de ces sous-ensembles.

Exemple

Démontrer par disjonction des cas :

  1. \(\forall x\in\mathbb{R},\ |x-1|\leq x^{2}-x+1\).

  2. \(\forall x\in\mathbb{R},\ \sqrt{x^{2}+1}+x>0\).

Application

Soit \(x\in\mathbb{R}\). Montrer que :
\[|x|+|x-1|\geq 1.\]
Préciser pour quelles valeurs de \(x\) l’égalité a lieu.

Exercice
  1. Montrer que \(n(n+1)(n+2)\) est multiple de \(3\) pour tout \(n\in\mathbb{N}\).

  2. Résoudre dans \(\mathbb{R}\) l’équation \(x^{2}-|x-2|+5=0\).

Raisonnement par l’absurde

Proposition

Pour démontrer qu’une proposition \(p\) est vraie, on suppose qu’elle est fausse (c’est-à-dire que \(\overline{p}\) est vraie) et l’on cherche à aboutir à une contradiction avec un résultat connu ou avec une hypothèse.

Exemple

Démontrer par l’absurde :

  1. Soit \(n\in\mathbb{N}\). On pose \(A=\dfrac{n+3}{n+5}\). Montrer que \(A\neq 1\).

  2. Soit \(ABC\) un triangle et \(a>0\) tels que \(BC=3a\), \(CA=2a\) et \(AB=4a\). Montrer que \(ABC\) n’est pas un triangle rectangle.

Application

Montrer que \(\sqrt{2}\notin \mathbb{Q}\).
(Indication : supposer \(\sqrt{2}=\dfrac{p}{q}\) avec \(\mathrm{pgcd}(p,q)=1\), élever au carré et étudier la parité.)

Exercice
  1. Soient \(a, b\in\mathbb{Q}\). Montrer que \(a-\sqrt{2}\,b=0 \Rightarrow a=b=0\).

  2. Montrer que \(\forall n\in\mathbb{N}^{*},\ \sqrt{\dfrac{n}{n+1}}\notin\mathbb{Q}\).

Raisonnement par contre-exemple

Proposition

Pour montrer qu’une proposition de type \((\forall x\in E),\ p(x)\) est fausse, il suffit de trouver un élément \(x\) de \(E\) pour lequel \(p(x)\) est fausse. Un tel élément s’appelle un contre-exemple.

Exemple

Pour chaque proposition, donner sa valeur de vérité et fournir un contre-exemple si elle est fausse.

  1. \(\forall x\in\mathbb{R},\ x^{2}+x-2=0\).

  2. \(\forall x\in[-1;1],\ x^{2}\geq x\).

  3. \(\forall (a, b)\in\mathbb{R}^{2},\ \sqrt{a^{2}+b^{2}}=a+b\).

Application

Étudier la valeur de vérité des propositions suivantes ; en cas de fausseté, donner un contre-exemple.

  1. Tous les nombres premiers sont impairs.

  2. \(\forall n\in\mathbb{N},\ n^{2}+n+1\) est premier.

  3. \(\forall x, y\in\mathbb{R},\ \cos(x+y)=\cos(x)+\cos(y)\).

Exercice

Étudier la valeur de vérité des propositions suivantes ; en cas de fausseté, donner un contre-exemple.

  1. Tous les nombres impairs sont premiers.

  2. \(\forall x, y\in\mathbb{R},\ 2x+4y=5\).

  3. \(\forall x\in\mathbb{R}, \exists y\in\mathbb{R} : x^{2}-xy+y^{2}=0\).

Raisonnement par récurrence

Proposition

Soit \(p(n)\) une fonction propositionnelle définie sur \(\mathbb{N}\) et \(n_{0}\in\mathbb{N}\). Pour démontrer que la proposition \((\forall n\geq n_{0}),\ p(n)\) est vraie, on procède en trois étapes :

  1. Initialisation : on vérifie que \(p(n_{0})\) est vraie.

  2. Hérédité : on suppose que \(p(n)\) est vraie pour un certain \(n\geq n_{0}\) (hypothèse de récurrence), et l’on démontre que \(p(n+1)\) est alors vraie.

  3. Conclusion : d’après le principe de récurrence, \(p(n)\) est vraie pour tout \(n\geq n_{0}\).

Exemple

Démontrer par récurrence :

  1. \(\forall n\in\mathbb{N}^{*},\ \displaystyle\sum_{k=1}^{n}k = \dfrac{n(n+1)}{2}\).

  2. Soit \(a\in\mathbb{R}^{+}\). Montrer que \(\forall n\in\mathbb{N},\ (1+a)^{n}\geq 1+na\).

  3. \(\forall n\in\mathbb{N},\ 7\) divise \(2^{3n+2}-4\).

Application

Démontrer par récurrence que :
\[\forall n\in\mathbb{N}^{*},\ \displaystyle\sum_{k=1}^{n}k^{2}=\dfrac{n(n+1)(2n+1)}{6}.\]

Exercice

Démontrer par récurrence :

  1. \(\forall n\in\mathbb{N}^{*},\ 3^{1}+3^{2}+\cdots+3^{n}=\dfrac{3^{n+1}-3}{2}\).

  2. \(\forall n\in\mathbb{N},\ 1+3+\cdots+(2n+1)=(n+1)^{2}\).

  3. \(\forall n\in\mathbb{N},\ 3^{n}\geq 2n+1\).

  4. \(\forall n\in\mathbb{N}^{*},\ \dfrac{1}{1\times 2}+\dfrac{1}{2\times 3}+\cdots+\dfrac{1}{n(n+1)}=\dfrac{n}{n+1}\).