Cours 1ère Bac SM

Suites SM

9 min de lecture · Généralités sur les suites numériques
Table des matières
  1. Notion de suite numérique
    1. Définition
    2. Modes de définition d’une suite
    3. Représentation graphique
  2. Monotonie d’une suite
    1. Définitions
    2. Méthodes d’étude de la monotonie
  3. Suites majorées, minorées, bornées
  4. Suites arithmétiques
    1. Définition
    2. Terme général
    3. Monotonie
    4. Somme de \(n\) termes consécutifs
  5. Suites géométriques
    1. Définition
    2. Terme général
    3. Monotonie
    4. Somme de \(n\) termes consécutifs
    5. Caractérisation d’une suite arithmétique ou géométrique
  6. Synthèse
    1. Tableau récapitulatif
    2. Pièges classiques

Généralités sur les suites numériques
1ère Année Baccalauréat – Sciences Mathématiques

Notion de suite numérique

Définition

Définition

Une suite numérique est une application \(u : I \to \mathbb{R}\)\(I\) est une partie de \(\mathbb{N}\) (typiquement \(I = \mathbb{N}\) ou \(I = \{n \in \mathbb{N} \;|\; n \geq n_0\}\)).

L’image de \(n\) par \(u\) se note \(u_n\) (et non \(u(n)\)). On dit que \(u_n\) est le terme général ou terme d’indice \(n\) de la suite, qu’on note \((u_n)_{n \in \mathbb{N}}\) ou simplement \((u_n)\).

Modes de définition d’une suite

Méthode

Une suite peut être définie de plusieurs façons :

  1. Forme explicite : \(u_n = f(n)\)\(f\) est une fonction de la variable réelle.

  2. Par récurrence : un terme initial \(u_0\) (ou \(u_{n_0}\)) et une relation \(u_{n+1} = g(u_n)\) (récurrence d’ordre 1).

  3. Par récurrence d’ordre 2 : termes initiaux \(u_0, u_1\) et relation \(u_{n+2} = g(u_n, u_{n+1})\).

Exemple

Quelques suites usuelles.

\(\bullet\)Explicite : \(u_n = 2n + 1\) (suite des entiers impairs : \(1, 3, 5, 7, \ldots\)).

\(\bullet\)Par récurrence d’ordre 1 : \(u_0 = 1\), \(u_{n+1} = 2 u_n + 3\).

Les premiers termes : \(u_1 = 5\), \(u_2 = 13\), \(u_3 = 29\).

\(\bullet\)Par récurrence d’ordre 2 (suite de Fibonacci) : \(F_0 = 0\), \(F_1 = 1\), \(F_{n+2} = F_{n+1} + F_n\).

Les premiers termes : \(0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, \ldots\)

Représentation graphique

Remarque

On représente graphiquement une suite par les points \((n, u_n)\) dans le plan. Pour une suite définie par \(u_n = f(n)\), ce sont les points de la courbe de \(f\) aux abscisses entières.

Monotonie d’une suite

Définitions

Définition

Soit \((u_n)\) une suite.

\(\bullet\)\((u_n)\) est croissante si \(\,(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_{n+1} \geq u_n\).

\(\bullet\)\((u_n)\) est strictement croissante si \(\,(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_{n+1} > u_n\).

\(\bullet\)\((u_n)\) est décroissante si \(\,(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_{n+1} \leq u_n\).

\(\bullet\)\((u_n)\) est constante (ou stationnaire) si \(\,(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_{n+1} = u_n\).

\(\bullet\)\((u_n)\) est monotone si elle est croissante ou décroissante.

Méthodes d’étude de la monotonie

Méthode

Pour étudier la monotonie d’une suite \((u_n)\), on dispose de plusieurs techniques :

(M1) Étude du signe de \(u_{n+1} - u_n\).

Si \(u_{n+1} - u_n \geq 0\) pour tout \(n\), alors \((u_n)\) est croissante.

(M2) Comparaison du rapport \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) à \(1\) (si tous les termes sont strictement positifs).

Si \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n} \geq 1\), alors \((u_n)\) est croissante.

(M3) Pour une suite explicite \(u_n = f(n)\).

Étudier la monotonie de la fonction \(f\) sur \([n_0, +\infty[\).

(M4) Par récurrence.

Démontrer par récurrence que \(u_{n+1} \geq u_n\) pour tout \(n\).

Exemple

Étudier la monotonie de \(u_n = n^2 - 5n + 1\).

Exemple

Étudier la monotonie de \(u_n = \dfrac{2^n}{n!}\) pour \(n \geq 1\).

Suites majorées, minorées, bornées

Définition

Soit \((u_n)\) une suite.

\(\bullet\)\((u_n)\) est majorée s’il existe \(M \in \mathbb{R}\) tel que \(\,(\forall n \in \mathbb{N})\; u_n \leq M\).  \(M\) est appelé un majorant.

\(\bullet\)\((u_n)\) est minorée s’il existe \(m \in \mathbb{R}\) tel que \(\,(\forall n \in \mathbb{N})\; u_n \geq m\).  \(m\) est un minorant.

\(\bullet\)\((u_n)\) est bornée si elle est à la fois majorée et minorée. De manière équivalente : il existe \(K \geq 0\) tel que \(|u_n| \leq K\) pour tout \(n\).

Exemple

La suite \(u_n = \dfrac{n}{n+1}\) est bornée.

Méthode

Pour démontrer qu’une suite est majorée/minorée, on peut :

  1. Manipuler l’expression de \(u_n\) (factorisation, encadrement).

  2. Démontrer par récurrence sur \(n\).

  3. Utiliser la monotonie : une suite croissante est minorée par son premier terme ; une suite décroissante est majorée par son premier terme.

Exemple

Soit la suite \((u_n)\) définie par \(u_0 = 1\) et \(u_{n+1} = \sqrt{u_n + 2}\). Montrer par récurrence que \(1 \leq u_n < 2\).

Suites arithmétiques

Définition

Définition

Une suite \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r \in \mathbb{R}\) s’il existe \(r\) tel que :
\[(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_{n+1} = u_n + r.\]
La raison \(r\) est la différence constante entre deux termes consécutifs.

Terme général

Proposition

Soit \((u_n)\) une suite arithmétique de premier terme \(u_0\) et de raison \(r\). Alors :
\[(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_n = u_0 + n r.\]
Plus généralement, pour tous \(n, p \in \mathbb{N}\) : \(u_n = u_p + (n - p) r\).

Démonstration

Par récurrence sur \(n\). \(P(n) : u_n = u_0 + nr\).

Init. \(u_0 = u_0 + 0 \cdot r\). OK.

Hér. Si \(u_n = u_0 + nr\), alors \(u_{n+1} = u_n + r = u_0 + nr + r = u_0 + (n+1) r\). OK.

Concl. La formule est vraie pour tout \(n\). La forme générale \(u_n = u_p + (n-p)r\) s’en déduit en éliminant \(u_0\). \(\square\)

Monotonie

Proposition

Soit \((u_n)\) arithmétique de raison \(r\).

  • Si \(r > 0\) : \((u_n)\) est strictement croissante.

  • Si \(r < 0\) : \((u_n)\) est strictement décroissante.

  • Si \(r = 0\) : \((u_n)\) est constante.

Somme de \(n\) termes consécutifs

Théorème

Soit \((u_n)\) une suite arithmétique. La somme de \(n+1\) termes consécutifs vaut :
\[S = u_0 + u_1 + \cdots + u_n = (n + 1) \cdot \frac{u_0 + u_n}{2} = \frac{(\text{nombre de termes}) \cdot (\text{premier} + \text{dernier})}{2}.\]
Plus généralement, pour \(p \leq q\) :
\[u_p + u_{p+1} + \cdots + u_q = (q - p + 1) \cdot \frac{u_p + u_q}{2}.\]

Démonstration

On écrit la somme deux fois, une fois croissante, une fois décroissante :
\[\begin{align*} S &= u_0 + u_1 + \cdots + u_{n-1} + u_n \\ S &= u_n + u_{n-1} + \cdots + u_1 + u_0 \end{align*}\]
En additionnant terme à terme : chaque colonne donne \(u_k + u_{n-k} = u_0 + u_n\) (somme constante pour une suite arithmétique : \(u_k + u_{n-k} = (u_0 + kr) + (u_0 + (n-k)r) = 2u_0 + nr = u_0 + u_n\)). D’où \(2S = (n+1)(u_0 + u_n)\), soit \(S = \dfrac{(n+1)(u_0 + u_n)}{2}\). \(\square\)

Exemple

Calculer \(S = 1 + 4 + 7 + 10 + \cdots + 100\).

Suites géométriques

Définition

Définition

Une suite \((u_n)\) est géométrique de raison \(q \in \mathbb{R}\) s’il existe \(q\) tel que :
\[(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_{n+1} = q \cdot u_n.\]
Si \(u_0 \neq 0\) et \(q \neq 0\), le rapport \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) est constant égal à \(q\).

Terme général

Proposition

Soit \((u_n)\) géométrique de premier terme \(u_0\) et raison \(q\). Alors :
\[(\forall n \in \mathbb{N})\;\; u_n = u_0 \cdot q^n.\]
Plus généralement : \(u_n = u_p \cdot q^{n - p}\).

Monotonie

Proposition

Soit \((u_n)\) géométrique avec \(u_0 > 0\) et \(q > 0\).

  • Si \(q > 1\) : \((u_n)\) est strictement croissante.

  • Si \(0 < q < 1\) : \((u_n)\) est strictement décroissante.

  • Si \(q = 1\) : \((u_n)\) est constante.

Si \(u_0 > 0\) et \(q < 0\), la suite n’est pas monotone (alternance de signes).

Somme de \(n\) termes consécutifs

Théorème

Soit \((u_n)\) géométrique de raison \(q \neq 1\). La somme de \(n + 1\) termes consécutifs vaut :
\[S = u_0 + u_1 + \cdots + u_n = u_0 \cdot \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}.\]

Démonstration

On note \(S = u_0 (1 + q + q^2 + \cdots + q^n)\). Posons \(T = 1 + q + q^2 + \cdots + q^n\).

Alors \(q T = q + q^2 + \cdots + q^{n+1}\), d’où \(T - q T = 1 - q^{n+1}\), soit \(T(1 - q) = 1 - q^{n+1}\).

Comme \(q \neq 1\), \(T = \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\). D’où la formule. \(\square\)

Exemple

Calculer \(S = 2 + 6 + 18 + 54 + \cdots + 4374\).

Caractérisation d’une suite arithmétique ou géométrique

Méthode

Pour reconnaître :

\(\bullet\)Suite arithmétique : \(u_{n+1} - u_n\) constant (ne dépend pas de \(n\)).

\(\bullet\)Suite géométrique : \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) constant (si défini).

Exemple

La suite \(u_n = 5n + 7\) est-elle arithmétique ?

Application
  1. Soit \((u_n)\) arithmétique avec \(u_3 = 7\) et \(u_8 = 22\). Déterminer \(u_0\) et \(r\). En déduire \(u_{20}\).

  2. Soit \((v_n)\) géométrique avec \(v_2 = 12\) et \(v_5 = 96\). Déterminer \(v_0\) et \(q\). Calculer \(\displaystyle \sum_{k=0}^{10} v_k\).

  3. Calculer \(S = 100 + 95 + 90 + \cdots + 5\).

  4. Calculer \(S = 1 - \dfrac{1}{2} + \dfrac{1}{4} - \dfrac{1}{8} + \cdots + \dfrac{(-1)^{10}}{2^{10}}\).

Synthèse

Tableau récapitulatif

Arithmétique Géométrique
Récurrence \(u_{n+1} = u_n + r\) \(u_{n+1} = q u_n\)
Terme général \(u_n = u_0 + nr\) \(u_n = u_0 q^n\)
Caractérisation \(u_{n+1} - u_n\) constant \(\frac{u_{n+1}}{u_n}\) constant (\(\neq 0\))
Monotonie \(r > 0\) : croissante \(u_0, q > 0\) et \(q > 1\) : croissante
\(r < 0\) : décroissante \(u_0 > 0\) et \(0 < q < 1\) : décroissante
Somme \(u_0 + \cdots + u_n\) \(\frac{(n+1)(u_0 + u_n)}{2}\) \(u_0 \cdot \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\) (si \(q \neq 1\))

Pièges classiques

Remarque
  1. Confondre raison arithmétique et raison géométrique.

  2. Indices et nombre de termes. La somme \(u_p + u_{p+1} + \cdots + u_q\) compte \(q - p + 1\) termes.

  3. Formule de somme géométrique avec \(q = 1\). La formule générale ne s’applique pas pour \(q = 1\) : si \(q = 1\), la suite est constante et la somme vaut \((n+1) u_0\).

  4. Suite récurrente non-arithmétique-géométrique. Toutes les suites n’ont pas de formule explicite simple.

  5. Monotonie de suite géométrique à raison négative. Il y a alternance, donc pas de monotonie.


Fin du chapitre 4 – Généralités sur les suites numériques